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La force mystérieuse

Avant de le vivre et avant de vendre mon âme (bon, j’en mets, mais restez avec moi pour la cause) à l’art merveilleux qu’est l’écriture, je me demandais comment une histoire aussi longue pouvait bien prendre forme dans l’imagination de l’auteur. Comment des 400, 500, 800 pages pouvaient être planifiées pour qu’une histoire se tienne, avec de multiples détails qui au début semblent inutiles, se montrer cruciaux vers la fin! Comment un auteur pouvait-il se souvenir que tel personnage avait telle personnalité, telle apparence, tel chapeau, tel trou dans le pantalon? Comment, alors qu’une seule phrase à l’intérieur d’un dialogue pouvait changer le cours d’une histoire, prévoir un plan suffisamment détaillé pour rendre à bien le dénouement prévu?

Maintenant que je l’ai vécu, à ma très humble façon évidemment, je ne peux pas encore l’expliquer. Bon, y’a bien sûr les fiches de personnages, les logiciels divers pour aider à répartir l’histoire en plaquettes, y’a le bon vieux Ctrl F pour retrouver un mot spécifique, un nom, une date et repartir de là. Je blaguais lorsque je donnais en exemple le trou dans le pantalon, ça, c’est du détail facile en 2011!

Mais je m’égare. Ce que j’essaie de dire, c’est que l’écriture d’un roman est un art si complet et complexe que pour moi, et je ne peux que parler de ma propre expérience,  seule la confiance en un élan mystérieux, un genre de « force » me permet de ne pas tout fermer avant même de commencer. Je place mes mains sur le clavier et le livre s’écrit comme s’il existait déjà. Je ne suis pas en train de dire que je ne me creuse pas la tête, non. Je peux vous assurer que j’ai déjà presque mis le feu à mes oreilles tellement ça chauffait. Ce que j’essaie de dire c’est qu’une fois le concept fermement décidé, que le premier quart de l’histoire est planté, les tiges poussent à l’aide d’eau et de soleil. J’essaie d’être l’eau autant que faire se peut, parce que l’eau est fluide et zen. Le soleil, c’est le temps qu’on y met. Et ça en prend pas mal…. Y’a souvent des nuages (enfants, lavage, épicerie, visite… mdr)

Nous sommes énormément gâtés en 2011, d’avoir un bouton « backspace » et un Ctrl F. lorsque je pense à y’a pas si longtemps, dans les années 80 et même 90, on faisait comment pour une simple correction? Si on changeait un paragraphe, ou pire, si on voulait en ajouter? On écrivait dans la marge? Il paraît que Proust avait des Post It partout sur son mur. Bon, j’exagère, mettons l’ancêtre des Post It. Et comment Alexandre Dumas a-t-il écrit le Comte de Monte Cristo sans logiciel? Et Jane Austen avec Orgueil et Préjugés, avec sa plume d’oie! Mais Jane ne s’est jamais mariée, n’a jamais eu d’enfants, et elle n’avait pas Internet. Elle avait le temps. 😉

Je sais, je ne vous ai pas donné la réponse à ma question existentielle. C’est parce que je ne l’ai pas. Tout ce que je peux dire pour l’instant c’est « que la force soit avec vous » :)

Marie

5 Commentaires

  • À mon avis, nous pourrions y ajouter une graine de passion, des tonnes de zèle et une croyance absolue en nos personnages pour que cette histoire prenne forme et aboutissent en un tout cohérent. Et cette passion, c’est ce qui nous fait vivre et qui nous pousse à toujours aller de l’avant, toujours inventer, toujours imaginer et toujours rêver. Puis, faire rêver les autres par tous nos mots tissés les uns après les autres… C’est un don incroyable, n’est-ce pas ?

    N.B. J’ai toujours voulu être Jane Austen. Encore plus en pensant à toutes les autres tâches connexes qu’elle s’est sauvée en n’ayant ni mari, ni enfant. (Mais bon, on s’attache à ces petites bêtes-là !! mdr)

  • Bonsoir! :)
    Je suis un lecteur qui déboule ici depuis tu sais quel café littéraire.

    Tout d’abord, j’adore ton billet. Il touche une corde sensible chez moi. Je tripe sur ce genre de questions. Comment, où et pourquoi naissent les histoires.

    Si je puis me permettre… il faut surtout comprendre qu’un roman de 400 pages ne s’écrit pas d’une seule et même impulsion. C’est une construction. Je prêt à parier que les exemples que tu mentionnes se sont écrits sur de looongues périodes. Surtout au temps de la plume et du crayon!

    L’étincelle de départ peut être fulgurante, très vive, claire et animée. Mais l’écriture est nécessairement longue, chaotique, mouvante et capricieuse.

    J’aime beaucoup ce que tu racontes au sujet des tiges qui poussent toutes seules après un certain temps… C’est une image qui m’interpelle.

    à bientôt! Je tâcherai de jeter un oeil sur ce blogue.

  • C’est intéressant ce que tu dit au début, sur le fait qu’il te semblait impossible de planifier sur tant de pages. Lors de l’écriture de ma première série, dans laquelle chaque histoire est indépendante, je m’exclamais sur la capacité d’autres auteurs à planifier des séries épiques s’étalant sur plusieurs volume, me croyant incapable d’une telle chose… et voilà que quelques années plus tard, je débute moi-même l’écriture d’une série de 8 livres, et que je sais déjà d’avance le contenu précis des quatre premiers tome, et le contenu flou des quatre d’après! Je me surprend à écrire, dans ma tête, des scènes du troisième tome alors que le premier est à peine amorcé! Comme quoi des fois, il suffit de s’y mettre!

  • Merci pour vos commentaires, votre témoignage m’est précieux!!! C’est un sujet large et tellement passionnant, je vais certainement faire plusieurs billets sur le sujet!
    Marie :)

  • Bonjour Marie !

    Je viens de découvrir ton site. Wow ! Bravo !

    Il y a une phrase que tu as écrite dans ton billet avec laquelle je suis tout à fait d’accord, et c’est celle où tu dis « Je place mes mains sur le clavier et le livre s’écrit comme s’il existait déjà. » J’en suis persuadée ! Je vis la même chose, et ce phénomène est assez tripant. Cela ne veut pas dire qu’il ne nous faille pas retravailler le texte par la suite. Non, je crois plutôt que ce mouvement, dans la création d’une oeuvre littéraire, et qui se place au premier plan du travail, est un genre d’extraction, comme si on sortait de l’eau la pointe d’un iceberg (le premier jet de notre histoire), ou, en citant les propos de Stephen King, c’est l’extraction de fossiles, de « reliques (morceaux de notre histoire) issues d’un monde préexistant, encore inconnu. » Mémoires d’un métier Écriture, Albin Michel.

    Oui, oui… Pour écrire, on a accès à un autre monde, on ne fait que retranscrire, grâce à notre sensibilité et à notre oeil intérieur, ce qui existe déjà.

    Écrire est un acte mystérieux, grâce auquel on apprend énormément sur soi-même. Ne trouves-tu pas ?

    Je vais sûrement revenir faire mon tour ici !

    À bientôt !

    Annie :-)

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